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13.Quelques grandes étapes du développement de l'enfant de la naissance à 3 ans

Les âges indiqués ne sont qu’à titre indicatif. Les âges peuvent varier d’un enfant à un autre car chaque enfant évolue à son rythme.

De la naissance à l’angoisse de séparation

Le bébé a besoin que l’adulte (parents, assistantes maternelles, grands-parents…) réponde dans l’immédiat à ses pleurs –des pleurs qui cachent un besoin insatisfait- pour être dans un état de bien-être psychologique et être rassuré. Il sourit à toute personne qui s’approche de lui avec bienveillance. Il pense que lui et sa mère ne sont qu’une seule personne. Il pense que lui seul existe dans ce monde.

Autour de 1-2 mois :

Le sourire volontaire

Quelques semaines après la naissance, le bébé sourit pendant le sommeil ou après la tétée ou le biberon ou encore après une caresse … Ce sourire est l'expression d'un sentiment de bien-être physique. Ce qui veut dire que le bébé ne contrôle pas ce sourire. On dit alors que le bébé sourit « aux anges ». Entre un et deux mois le bébé sourit de manière intentionnelle à l’adulte. Il sait pourquoi il lui sourit. Il sourit parce que l’adulte penche son visage vers le sien, parce qu’il lui sourit, parce qu’il le regarde, parce qu’il lui parle de manière bienveillante. Ce sourire est le début d’une interaction sociale.  

 

Autour de 3-6 mois :

Le besoin de découvrir le monde par la bouche

Lorsque le bébé est capable de saisir un jouet dans sa main, il va se servir de sa bouche comme organe du toucher. Pourquoi ? Pour découvrir le monde ! Le bébé ressent un besoin de mettre à la bouche tout ce qu’il touche. C’est pourquoi, il est important de le laisser faire car les sensations (doux, dur, lisse, froid) qu’il va découvrir vont s’inscrire en lui. Ainsi, en grandissant l’enfant saura reconnaître les matières, les textures rien qu’en les touchant.

 

Le stade du miroir

Lorsque l’enfant perçoit son reflet dans le miroir, il lui arrive de sourire, jubiler, tapoter même sur le miroir. En réalité, il pense que c’est un autre enfant. Il n’a pas conscience que c’est le reflet d’une image. Il cherche à approcher cet être qu’il voit.

 

De la crise d’angoisse à jouer avec les autres

Alors que le bébé découvrait son corps, et se sentait seul dans son monde, soudain il prend conscience que d’autres personnes existent autour de lui. C’est une grande étape dans son développement psychologique. Il va devoir apprendre à vivre avec d’autres. Une période pleine d’émotions qui déclenchera des crises d’angoisses (angoisse de séparation, angoisse de l’inconnu), la découverte de l’autre qui se heurtera à des conflits (période d’agressivité) et l’affirmation de soi (période du « non »).

 

Autour de 8-9 mois :

Bouger librement

L’enfant sans problématiques apparentes est né avec des compétences. L’une de ces compétences est de se mouvoir. L’enfant n’a pas besoin qu’on lui apprenne à se tourner, à s’asseoir, à marcher. Il a seulement besoin que l’adulte le laisse libre de ses mouvements, respecte son rythme, n’avance pas une posture avant qu’il ne sache la faire (exemple l’asseoir). Cette intervention de l’adulte risquerait bien au contraire de freiner le développement de l’enfant et de le rendre dépendant de l’adulte dans ses mouvements, ses découvertes.

Aménager un endroit sécurisé, avec un tapis et dans lequel les jeux sont à sa portée.

 

L’angoisse de séparation

Le bébé évolue au niveau de son développement cognitif. Il comprend qu’il est une personne à part entière et non un prolongement de sa mère. C’est à ce moment que l’importance du doudou peut prendre toute son importance. Il peut être rassuré par se doudou lors de l’absence du parent. Ce doudou vient de la maison ; il est imprégné d’odeurs familières, des odeurs qu’il connaît et qui peuvent l’aider à se rassurer dans un endroit extérieur (crèche, assistante maternelle).

 

La peur de l’étranger

Auparavant le bébé souriait à n’importe qui, désormais il a une réaction de déplaisir (détournement du regard, crise de panique avec des pleurs, cris…) quand il voit une personne qui ne lui est pas familière. Il se peut que bébé dorme moins bien la nuit car les premières peurs arrivent. Les peurs et angoisses de la journée peuvent être extériorisées dans son sommeil par des cauchemars. Ils sont essentiels pour son développement psycho-affectif car la nuit le cerveau du bébé enregistre les informations reçues dans la journée pour mieux les comprendre.

 

La peur de l’abandon

Le bébé pleure dès que la personne qui s’occupe de lui sort de son champ de vision. Il n’y a pas là de caprice mais une réaction de peur à l’abandon. Le bébé n’arrive pas encore à vous représenter mentalement. Pour lui, s’il ne voit plus la personne, c’est qu’elle n’existe plus. Cette acquisition qui est nommée en psychologie « la permanence de l’objet » prend du temps. L’enfant ne l’a complètement acquise que vers l’âge de 18-24 mois. Traversant cette période de peurs, l’enfant peut faire des cauchemars.

 

Le stade du miroir

Vers cet âge, le bébé prend conscience que la personne qu’il aperçoit dans le miroir est un reflet. Mais, il ne sait pas encore que c’est son image. Il va tout d’abord reconnaître sa mère, son père dans le miroir. Grâce à l’adulte qui va lui verbaliser que le visage qu’il voit est son propre corps, l’enfant va prendre conscience progressivement que cette image est la sienne. Cette étape joue un rôle important dans la conscience de son image corporelle. L’enfant comprend que sa tête, ses pieds, ses mains, tous les membres qu’il a découverts ne font qu’un.

 

L’imitation

Pour grandir, l’enfant observe et s’imprègne de ce qu’il voit, entend, pour ensuite reproduire au moment où il en est capable. Par exemple, l’enfant fera le signe de la main pour dire au revoir au moment où il entendra l’adulte dire de sa voix « au revoir ». L’enfant aura au préalable observé qu’au mot « au revoir » on associe le geste de la main. C’est par l’imitation qu’il apprend aussi à parler.

L’imitation a du sens pour l’enfant quand il observe les situations de la vie quotidienne. Il ne sert à rien de lui montrer un geste et de lui faire reproduire ce qu’on lui montre.

 

Autour de 18-24 mois :

La marche

Une période motrice durant laquelle l’enfant peut grimper partout, courir… car l’enfant passe de la position assise à debout. Cette position verticale lui donne un autre regard sur le monde. Un monde intéressant à explorer, à découvrir par son corps.

 

Une période de possessivité

L’enfant est dans une période où il cherche à tout s’approprier. Tout est à lui. Il est égocentrique. Il ne pense qu’à lui et à son centre d’intérêt.

 

Les premières relations, les premiers conflits entre enfants

Autour de 18 mois, les enfants entrent de plus en plus en relation entre eux pour jouer. Il a pris conscience de l’autre mais ne l’accepte pas encore sur son terrain de jeu. Malheureusement, cette tranche d'âge est aussi synonyme de conflits qui en arrivent aux morsures, griffures et coups. À cet âge, l’enfant n’a pas les capacités neurologiques pour se contrôler. Il agit sans réfléchir. C’est d’ailleurs souvent une pulsion ou le manque d’autocontrôle qui sont à l’origine de l’agressivité et non le désir de blesser quelqu’un. L’enfant n’est donc pas méchant. Il n’a pas non plus le vocabulaire suffisant pour s’exprimer. Alors son moyen à lui pour s’exprimer sont les gestes. Lorsque l’enfant a recours à un comportement agressif c’est parce qu’il a un malaise intérieur qu’il doit exprimer. A chaque situation qui l’inquiète, l’angoisse le frustre ; l’enfant peut alors s’exprimer par la colère, les cris, ou des actes violents.

Ce comportement est plus ou moins intense en fonction des enfants. Dans tous les cas, l’enfant est tout à fait équilibré car il traverse une crise d’évolution normale. L’enfant est alors en pleine préparation à la relation sociale.

Reconnaître, accepter et mettre en mots ses émotions, c’est-à-dire lui dire qu’il a le droit d’être en colère, de se sentir triste, de mal vivre une situation, aidera l’enfant à apaiser ses tensions car il se sentira compris et écouté. Si l’adulte agit par la violence pour lui faire comprendre que son geste est inacceptable, l’enfant peut rechercher à reproduire ce comportement. Cependant, des limites doivent toujours être dites à l’enfant en lui expliquant que faire mal aux autres est interdit. En tant qu’adulte, il est important de donner d’autres solutions aux enfants. Ainsi, s’il en est capable, vous pouvez l’aider à utiliser de petits mots en fonction de la situation, comme « stop », « non », « arrête » pour remplacer le geste par la parole.

 

Le langage et La période d’opposition

Vers deux ans, l’enfant jouit d’une nouvelle autonomie grâce à son niveau de langage qui s’est développé. Cet enfant qui écoutait les règles et les interdits, s’oppose désormais. Il dit très souvent « non ». L’enfant commence alors sa période dite d’opposition. Il met à l’épreuve les personnes qu’il aime et dont il est certain de leur amour. L’enfant ne cherche pas à s’opposer à vous, il ne cherche pas à entrer en conflit avec vous. Il souhaite seulement se différencier, pour montrer qu’il est différent et unique. C’est sa manière d’affirmer qu’il existe à part entière et de se distinguer de vous. Cette période est normale et nécessaire pour la construction de l’identité psychologique de l’enfant.

Si vous cherchez à avoir le dernier mot, vous risquez d’entrer dans un rapport de force avec votre enfant. Et votre enfant réagira probablement de manière négative car il ne sait pas faire autrement (voir le cerveau de l’enfant) par des colères, des cris… chacun s’énervera et rien ne sera constructif.

 A chaque période que traverse l’enfant, il n’y a pas une solution idéale. Peut-être que pour éviter un « non » de l’enfant, l’adulte pourrait essayer de transformer ses phrases de manière à éviter que l’enfant puisse répondre par un oui ou un non.

Vous pouvez également transformer vos phrases affirmatives ou parfois autoritaires en questions : au lieu de dire « va te coucher ! », essayez plutôt « tu viens de finir de manger, maintenant c’est le moment de jouer ou d’aller dormir ? ».

 

Les premières peurs inconscientes

L’enfant commence à avoir des difficultés à s’endormir le soir, lorsqu’il est seul dans sa chambre, dans le noir. Des premières peurs commencent à surgir en lui sans pour autant qu’il n’arrive à les reconnaître. Il ne peut pas dire de quoi il a peur car même lui ne sait pas.

Encore une fois, le sommeil de l’enfant peut être perturbé par des cauchemars. Les cauchemars arrivent dans la deuxième partie de la nuit. Les cauchemars permettent en effet à l'enfant d'exprimer ses angoisses et ses peurs, et de gérer ses conflits intérieurs.

 

Début du contrôle des sphincters

Les sphincters sont les muscles qui permettent d’ouvrir et fermer la vessie et l’anus. Ce qui est important, c’est de prendre conscience que cette étape dépend essentiellement de la maturation neurologique de votre enfant et de son envie de grandir, de devenir encore plus autonome.

Il y a des signes qui indiquent que l’enfant peut être prêt. L’enfant doit marcher (démarrer et s’arrêter sans tomber) correctement ; se tenir accroupi en équilibre ; monter et descendre quelques marches ; ôter ses vêtements en partie et les remettre ; vous dire  quand sa couche est sale; quand sa couche reste sèche pendant plusieurs heures ; quand l’enfant commence à exprimer ses besoins clairement et dit, par exemple : « Veux de l’eau », il comprend les consignes simples, comme : « Va donner ceci à papa » ; quand il se montre curieux à ce sujet, par exemple : il veut vous voir aller aux toilettes ; quand il place son doudou sur le petit pot ; ou quand il aime les histoires qui parlent de propreté, etc.

L’enfant apprend à être propre entre 2 et 4 ans. L’acquisition peut durer plusieurs mois car elle se fait par étape : dans un premier temps, l’enfant ressent qu’il urine ou fait caca dans sa couche, ensuite il ressent que ses organes sont « pleins » et que c’est le moment de faire pipi ou caca et pour finir il doit contrôler sa vessie ou son anus et savoir relâcher au bon moment lorsqu’il est sur le pot.

L'adulte peut guider, accompagner, soutenir, valoriser l'enfant mais ce n'est pas lui qui va décider à sa place. Tant que votre enfant n’est pas prêt, il est inutile de le forcer à devenir propre. Il est important de faire preuve de patience et de bienveillance. La punition, les humiliations feront peur à l’enfant. Il ressentira un manque de confiance en lui. Cette méthode ne fera que ralentir son acquisition.

Pour réussir ce passage, évitez de commencer lors de changements importants comme l’arrivée d’un nouveau bébé (chez vous, comme chez « tata »), un déménagement, un nouveau mode de garde, une séparation…  Le stade de l’opposition n’est pas idéal non plus.

Si l’enfant a peur du pot et de ses propres selles qui sortent de son corps, il est préférable de lui remettre une couche, de le rassurer, de verbaliser et de retarder ce moment. Perdre quelque chose de soi pour ensuite le jeter peut être angoissant pour certains enfants. Il est donc important que vous l’aidiez à comprendre en verbalisant, par le biais de livres notamment, que ce qu’il perd n’est pas une partie de lui, mais une partie de ce qu’il mange. Vous pouvez aider votre enfant à comprendre que son corps est « comme un contenant qui se remplit puis se vide », et qu’une fois vidé, son corps reste entier. Les jeux de transvasements de sable, d’eau avec divers contenants permettent à l’enfant de vider, remplir à sa guise et de comprendre que dans son corps il se passe la même chose.

 

Identifie son identité sexuelle

Autour de 2 à 3 ans, l’enfant comprend qu’il y a une différence entre une fille et un garçon. Les jeunes enfants peuvent aussi remarquer les rôles qui sont associés à un genre plutôt qu’à l’autre en observant les comportements des adultes à la maison. Au travers du jeu, à cet âge, l’enfant explore et peut adopter des rôles ou utiliser des déguisements de l’autre sexe. Cela ne signifie pas automatiquement qu’il remet en question son identité. Un garçon peut jouer à la poupée, comme sa maman ou son papa peut prendre soin de son bébé.

 

La construction de son identité

L’enfant a conscience de qui il est avant de voir qu’il est différent des autres.

Pour comprendre qui il est, l’enfant réalise un travail mental : l’individuation. C’est-à-dire la constitution de lui-même en tant que personne à part entière. Pour mieux comprendre ce travail de constitution il faut se représenter le principe du puzzle : rassembler les pièces pour ne former qu’un ensemble. Pendant ce travail, l’enfant réunit donc mentalement tout ce qui le constitue (parents, maison, frère, sœur, doudou, assistantes maternelles, joies, peines, peurs…) pour en faire quelque chose de cohérent, quelque chose qui lui permet de se comprendre, de se situer dans la société.

Trois exemples caractérisent cette période :

  • Refuser un biscuit cassé
  • L’envie récurrente de découper et coller.
  • Ne pas prêter ses jeux ce qui reviendrait à lui supprimer une partie de ce qu’il est.

Cette étape aide l’enfant à utiliser « moi » ou « je » lorsqu’il parle de lui.

 

Jouer Avec l’autre

A cette période vers 3 ans environ, l’enfant joue en harmonie avec les autres enfants. Des conflits ont toujours lieu comme dans toute relation humaine mais pour résoudre une mésentente les enfants ont davantage recours à la parole. Leur vocabulaire s’enrichit. Au travers de sa motricité l’enfant connaît son corps. Par sa maturation psychologique, il sait qu’il est une personne qui existe à part entière. Il a pris conscience notamment que les autres existent autour de lui. L’enfant a trouvé sa place au milieu des autres. Il ne lui reste plus qu’à jouer AVEC l’autre.

 

Le langage

Avant 6 ans, l’enfant a une faculté d’apprendre les langues. Si depuis bébé, les adultes, qui prennent soin de lui, lui ont toujours parlé alors il aura intégré beaucoup de mots pour ensuite les dire. L’environnement familial a un impact sur l’évolution du langage de l’enfant. En enrichissant le vocabulaire de l’enfant lorsqu’il grandit, le parent lui offre les moyens de s’exprimer, de trouver les mots les plus adaptés lors d’une situation. Et cela lui permettra progressivement de ne plus intervenir par des gestes « agressifs ».

 

Une période d’opposition

Cette période peut être encore présente chez l’enfant.

 

Des peurs reconnues

Désormais l’enfant reconnaît ses peurs : la peur du noir, des monstres, du loup, des fantômes, des masques, des déguisements des bruits inconnus... Votre enfant grandit, son esprit, son imagination aussi. Les cauchemars peuvent être nombreux.

 

Age de la curiosité

Entre 3 et 4 ans environ, l’enfant devient de plus en plus curieux du monde dans lequel il vit. Il a envie de comprendre certaines observations, certaines paroles entendues qui restent pour lui sans réponses. Certains enfants commencent à poser de nombreuses questions qui débutent souvent par « pourquoi ». Les réponses à ses questions sont importantes pour sa compréhension et ses connaissances mais aussi pour le rassurer lorsque certaines choses l’inquiètent (un déménagement, l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, par exemple).

 

sources :

- Le sourire de bébé : réflexe ou intentionnel ? mpédia spécialiste de l'enfant

- L'enfant agressif : un être qui grandit. Hélène Herry

- Développement psychologique de l'enfant : les principales étapes. Les pros de la Petite Enfance; Harry Ifergan

- Pourquoi met-il tout dans la bouche ? guigoz, parlons bébé; Ghislaine Dubos-Courteille

- Le développement affectif et intellectuel de l'enfant. Bernard Golse

- Les étapes de l'imitation dans le développement de l'enfant. Les pros de la Petite Enfance; Monique Busquet

- L'explorateur nu. Jean Epstein, Chloé Radiguet

- Montessori à la maison. Delphine Gilles Cotte

- Acquisition de la propreté. Les pros de la Petite Enfance;Monique Busquet

- Comment appréhender l'acquisition de la propreté chez l'enfant. Marie Desplumes, Les pros de la Petite Enfance pour ma place en crèche

- L'âge des "pourquoi" ? Naître et Grandir; Solène Bourque

- Le développement de l'identité chez l'enfant . Le monde de l'autre

 

 

 

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